Que faire quand on est un réalisateur plein d’idées mais pas de financement pour faire son film ? On le fait à la maison, avec sa femme pour zéro euro. En tout cas, c’est ce qu’a fait David F. Sandberg. L’idée du film est simple : Lotta Lotsen (la femme du réalisateur) semble voir une silhouette monstrueuse à chaque fois qu’elle éteint la lumière mais dès qu’elle rallume, elle ne voit rien. Elle éteint à nouveau et la créature apparaît de plus en plus près…

Le court-métrage LIGHTS OUT (2,47 minutes) fut pour la première fois diffusé sur Vimeo et YouTube en 2013. A cette époque-là, ni David F. Sandberg, ni Lotta Lotsen n’avaient prévu que ce petit film allait les propulser loin de leur Suède natale. En fait, le couple a tellement aimé faire leur tournage à la maison, qu’ils en ont fait d’autres comme : SEE YOU SOON (2014), NOT SO FAST (2014), ATTIC PANIC (2015) et CLOSET SPACE (2016).

Pendant ce temps là, le court métrage LIGHTS OUT fait son petit bout de chemin déclenchant l’engouement à l’échelle internationale (atteignant plus d’1 million de vues) et gagne le prix du meilleur court-métrage au FRIGHT METER AWARDS en 2014. Hollywood ne résista pas : le long métrage devra se faire sous un mini  budget de 5 millions de dollars. En 2015, le couple décide de partir vivre à Los Angeles pour réaliser le film. Le long métrage DANS LE NOIR (Lights Out) sort dans les cinémas en 2016.

La pression sur Sandberg fut intense. Faire un film chez soi avec sa femme est bien plus rassurant que devant toute une équipe hollywoodienne. Cependant, Sandberg, a su garder la tête sur les épaules et sa vision de départ : Créer un film surnaturel intimiste en évitant tous les pièges de la superproduction. Bien sûr, tous les fans du court-métrage sont allés voir le film. Et Sandberg ne voulait pas les décevoir.

Dès la première séquence, sa femme (Lotta Lotsen) rejoue la même scène du court métrage. Les fans jubilent. L’intrigue commence sur des chapeaux de roue. Martin, un petit garçon (Gabriel Bateman) appelle à l’aide après avoir vu sa mère Sophie (Maria Bello) tomber dans une profonde dépression et multiplier les crises de schizophrénie. En effet, Sophie parle à quelqu’un ou quelque chose caché dans une armoire sombre. Le problème c’est que son amie imaginaire, n’est plus si imaginaire dans le noir et pas agréable à voir non plus : c’est une hideuse créature nue, maigre et chevelue, aux longs doigts pointus qui s’appelle Diana (Alicia Vela-Bailey).

Rebecca (Teresa Palmer) est l’aînée du petit garçon qui est partie de la maison justement à cause de la maladie de sa mère. Elle décide d’aider  son petit frère à sortir de ce cauchemar. Dans sa maison d’enfance, elle découvre des dossiers d’une enquête sur le passé de sa mère que son beau-père avait menée avant d’être mystérieusement assassiné. Enfant, Sophie séjourna dans un hôpital psychiatrique où elle y rencontra Diana, une petite fille au tempérament violent souffrant d’une maladie de peau rare (hypersensible à la lumière du jour). Diana serait morte lors d’une expérience médicale mais revient hanter Sophie dès que cette dernière est au plus bas.

DANS LE NOIR, est une histoire classique qui puise dans la noirceur de l’âme humaine. Ce n’est pas le premier film d’horreur sur ce sujet et ce ne sera pas le dernier non plus. De la possession démoniaque (L’Exorciste) à la paranoïa (The Shining), tous les films d’horreurs utilisent la même palette de couleur en variant les tons. Ce n’est donc pas surprenant que Sandberg décide d’associer le thème de la souffrance psychologique à son film comme une allégorie au monstre vivant à l’intérieur de nous qui détruit les proches au sens propre comme au sens figuré.

La construction de l’intrigue et des personnages est simple mais efficace. Après tout, ce que recherche l’audience d’un film d’horreur se tient en deux mots : avoir peur. Et c’est là où se tient le succès du film. L’atmosphère n’est pas claustrophobe, morbide ou sanglante en revanche, la grande maîtrise de Sandberg réside dans le fait qu’il optimise une grande tension avec très peu d’effets spéciaux. Le réalisateur utilise toutes les ficelles propres au film d’horreur comme la créature hideuse, l’utilisation de l’obscurité et des ombres, les sons grinçants, la vulnérabilité d’un enfant et la scène inévitable dans la cave.

DANS LE NOIR, n’est peut être pas le film le plus effrayant ou le plus original cependant, il est efficace et surtout divertissant.En nous faisant réfléchir avant d’éteindre nos lumières, Sandberg, ce réalisateur suédois inconnu, a réussi à attirer toutes les lumières sur lui.

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