Comment est-ce possible de produire le film Disney Peter Dragon une minute et de diriger Casey Affleck sous un drap dans ‘Ghost Story’ l’autre minute? On n’est pas très surs, et pourtant David Lowery y est arrivé. IndieWire lui a donné la première place sur sa liste des meilleurs films indépendants de 2017, même si sa première officielle en France est aujourd’hui. Rotten Tomatoes a aussi fait l’éloge de ce film et a dit que « A Ghost Story gère avec dextérité ses thèmes ambitieux à travers une exploration inventive, artistique et finalement poignante de l’amour et le deuil. » David Rooney de The Hollywood Reporter a aussi donné une critique positive au film, le décrivant comme étant « une méditation poétique sur le temps, la mémoire et la connexion spirituelle qui est complètement fidèle à son nom. » La cinématographie et la musique complètent magnifiquement la narration, le résultat état un film que vous devez regarder avant la fin de l’année. Si vous êtes à Paris, on vous encourage d’aller au cinéma pour voir ce film-ci.

Le ton du film est assez sérieux et introspectif, mais le concept du déguisement de fantôme est vraiment très comique. Un jour, Casey Affleck se réveille à la morgue et se rend compte qu’il incarne maintenant la couverture blanche qui recouvrait son corps, avec en plus deux patchs noirs pour représenter ses yeux. Il commence par se promener, passant complètement inaperçu. On le voit en train d’espionner son amante, Rooney Mara, et bien qu’on ne puisse pas voir les expressions sur son visage nous pouvons imaginer son désespoir de ne pas pouvoir la consoler. L’histoire s’appuie beaucoup sur la réaction des passants pour que l’histoire soit fluide, puisque le personnage principal ne peut pas utiliser les expressions de son visage pour exprimer ses émotions. Cela met néanmoins d’avantage l’accent sur chacun de ses mouvements, et avec l’aide d’une superbe bande originale de Daniel Hart l’histoire se déroule harmonieusement.

A Ghost Story raconte l’histoire d’un monde où les esprits qui n’ont pas réglé toutes leurs affaires doivent rester sur terre, déguisés en costumes de fantômes très semblables à ceux d’halloween. À un moment du film on se rend compte que le personnage principal n’est pas le seul fantôme qui déambule les rues lorsqu’il se regarde dans une vitrine et pense voir son reflet, jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’est tout à fait impossible. On voit aussi un autre fantôme qui se rend compte qu’il ne se souvient plus la raison pour laquelle il est toujours sur terre, et qui disparaît après sa soudaine illumination. On peut imaginer que le fantôme a finalement accompli sa destinée, même si on ne pourra jamais lire le petit bout de papier qui lui a fait se sentir en paix et finalement disparaître. C’est au spectateur d’imaginer quels mots pourraient réconforter un fantôme, ou plus exactement quel est le sens de la vie de ces personnages. En fin de compte, le film finit par être une ode aux relations humaines, et le sens qu’elles donnent à nos vies.

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