C’est toujours jubilatoire de voir un film à petit budget pulvériser le Box-office dès son premier jour de sortie.  

Sans stars, ni décors de rêves et avec un financement limité, DON’T BREATHE – LA MAISON DES TÉNÈBRES a surpris tout le monde.

Même s’il n’existe pas de recette à succès, comme pour faire un gâteau, l’utilisation de bons ingrédients augmente les chances de réussite.

Le premier ingrédient de ce film est bien sûr le scénario écrit par Rodo Sayagues et Fede Alvarez. Trois jeunes voleurs Rocky (Jane Levy), Alex (Dylan Minnette) et Money (Daniel Zovatto) décident de cambrioler la maison d’un vieil aveugle solitaire, où se cacherait une grosse somme en argent liquide. Cambrioler un aveugle? ‘Rien de plus facile !’ Pensent les jeunes délinquants. Seulement il ne faudrait pas parier dessus car le vieil aveugle est un soldat à la retraite.

En ce qui nous concerne, si on croit avoir déjà vu ce genre de film, il vaudrait mieux se rasseoir. Car le meilleur est à venir.

Le deuxième ingrédient est le rythme du film : une cadence sans répit. Quand beaucoup de films commencent fort pour ralentir mollement vers le milieu, avec DON’T BREATHE – LA MAISON DES TENEBRES, c’est tout le contraire ! La tension monte en crescendo avec des surprises actions inattendues (que je ne mentionnerai pas pour ne pas gâcher le film pour ceux qui ne l’ont pas encore vu). Chaque détail  a été méticuleusement pensé et implanté au préalable jusqu’au nom de rue de la maison (Buena Vista street).

Le troisième ingrédient est le travail sur la caractérisation. Même si les personnages sont des petits voyous avides d’argent pour sortir de leur misérable vie, c’est très rafraîchissant de suivre Rocky (le personnage principal féminin joué par Jane Levy) qui n’est ni le cliché d’une demoiselle en détresse ni celui d’une Wonder Woman. Elle est à la fois meneuse de bande et étrangement fragile. On l’aime pour sa force de caractère ET ses faiblesses aussi. 

Le vieil aveugle joué par Stephen Lang est tout aussi fascinant. Il est à la fois proie et prédateur. Quand il apparaît dans le film pour la première fois, il est perçu comme une victime, mais très vite nous comprenons qu’il est en fait, le monstre de la maison. Cependant, son immense douleur, (la perte de son enfant) est perceptible et fait de lui un antagoniste de grande valeur.

Le quatrième ingrédient est la résonance du film. Certains peuvent penser qu’il n’y a rien de profond dans un film d’horreur (discutable), ce film nous renvoie à notre condition humaine moderne : esclaves de l’argent. Rocky a besoin de cette fortune pour s’évader (avec sa petite sœur) de cette misérable vie qui l’emprisonne. Sans cet argent, sa vie sera la même. La maison du vieil aveugle devient une analogie de sa propre vie.

Le dernier ingrédient est le réalisateur Fede Alvarez. Apres avoir filmé le remake d’EVIL DEAD, il aurait pu tomber dans le piège de ne tourner que des films à franchise, mais non. A la place, il décide de tourner un film à petit budget et montre, par la même occasion, au monde entier de quoi il est capable. Du lieu de tournage, à l’éclairage, aux mouvements de camera, chaque élément a été choisi pour nous faire sursauter. Le film joue énormément avec le silence par conséquent, le moindre petit bruit nous rend extrêmement nerveux (DON’T BREATHE le titre anglais est bien choisi).

La scène dans la cave, quand le vieil homme éteint les lumières forçant les voleurs à entrer son monde des ténèbres, est remarquable, tout comme la scène où Rocky s’échappe de la maison pour se retrouver enfermer dans une voiture.

Fede Alvarez est un nom à retenir. Attention, ce réalisateur uruguayen va vous divertir en vous couper le souffle !

 

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