“Non catégorisable”. C’est comme ça que le Guardian a appelé “Personal Shopper” après l’avoir donné 5 étoiles. Le magasine Time a aussi dit que c’était un film « bizarre mais magnifiquement bien fait ». Le réalisateur français, Olivier Assayas, a gagné le prix de meilleur réalisateur au festival de Cannes l’année dernière. Après la première officielle il y eut une ovation de presque cinq minutes alors qu’à la fin de la première projection il y eut des huées. Une des raisons pour lequel il y eut des critiques fut parce que la bande annonce donnait l’air que ce serait un film qui ferait peur, alors que le film termine autrement. D’autres pensent qu’il y a trop de tons différents dans le film, et que ce choix stylistique n’a pas de rapport avec l’intrigue. Chez ÉCU nous pensons qu’il faut donner sa chance aux films même s’ils ne sont pas parfaits. C’est vrai qu’il y a un sous-entendu paranormal, mais nous trouvons que c’est principalement un film qui traite les thèmes du deuil et de la tristesse, et comment cela affecte le caractère d’une personne et le sens de leur identité.

Ce film montre la vie de tous les jours de Maureen (Kristen Stewart), qui a comme métier à Paris de faire des achats pour une célébrité. Nous apprenons vite que son frère Jumeau, Lewis, est malheureusement décédé d’une attaque cardiaque à l’âge de 27 ans, et que c’est pour cette raison qu’elle a décidé d’exercer ce métier. Maureen et son frère étaient des médiums et ils ont juré que celui ou celle qui mourait en premier devait essayer de contacter l’autre de l’au-delà. Maureen déteste son travail, mais Paris est l’endroit où est mort son frère, et elle pense que c’est là qu’elle devrait être afin de donner une chance à son frère de la contacter. Quand le film commence cela fait trois mois que Lewis est décédé, et Maureen est encore en deuil. Elle semble complètement désintéressée du monde qui l’entoure, et elle semble ne que ressentir du plaisir quand elle fait des activités « défendues ». Par exemple, elle essaye les habits de sa patronne quand elle n’est pas là comme acte de rébellion.

Un aspect intéressant du film est le rôle des textos dans l’intrigue. Nous voyons que Maureen est constamment en train d’envoyer des textos, mais seulement parce que c’est nécessaire pour la progression du récit. Le rythme de l’histoire peut aussi sembler inutilement lent par moments, avec des arrière-plans vides lorsque nous attendons l’arrivée d’un personnage. En même temps, le rythme de l’histoire va bien avec l’état émotionnel de Maureen, qui est toujours en deuil et donc n’a pas une personnalité très enjouée. Par moment le film nous fait penser à Mother ! car il y a constamment des plans rapprochés de l’actrice principale. C’est dans ces plans où l’actrice est solitaire qu’on se rend compte que le film traite le thème de la solitude, et parle de quelqu’un qui s’intéresse parfois plus à la mort qu’à la vie. Maureen est aussi dans une relation de longue distance avec un petit ami qui habite à Oman, et sauf quelques conversations avec lui sur Skype on voit qu’elle ne parle que avec des personnes qui avaient un lien avec son frère. Le produit final est une représentation très humaine de ce qu’on ressent lorsqu’on perd un être cher, vue à travers la vie monotone d’un individu.

Close
Go top UA-100342494-1