Il suffit de lire les critiques de “Mother!” pour constater que les avis ont été très partagés. D’un côté, ce film a été applaudi (voir l’article de Peter Bradshaw) et de l’autre, on l’a qualifié de “ plus mauvais film de l’année, voire du siècle” (Rex Reed, Observer). Je ne prétends pas être une critique de cinéma chevronnée, mais toujours est-il qu’une fois sortie du cinéma, je n’ai pas pu décider si j’avais adoré ce film, ou si je l’avais détesté. Heureusement que j’avais lu plusieurs critiques avant de me rendre au cinéma, sinon je n’aurais rien compris à l’histoire !

Il s’agit d’un couple sans enfants, dont nous ignorons les noms, joués par Javier Bardem et Jennifer Lawrence. Jennifer Lawrence joue le rôle d’une femme dévouée, qui s’efforce de reconstruire la maison de son mari, qui a été ravagée par un incendie. Le mari est un écrivain célèbre en pleine crise de la page blanche. Pour commencer, j’ai eu du mal à croire que Jennifer Lawrence pouvait jouer une femme aussi effacée. En effet, on découvre que c’est elle qui a pratiquement reconstruit la maison de ses propres mains tandis que son mari est resté les bras croisés. Bobonne ne doit pas déranger son génie de mari juste au cas où l’inspiration lui reviendrait miraculeusement !

Elle essaie de créer un “paradis”, lui l’appelle sa “déesse”. Ce sont les premiers indices suggérant ce que la maison est censée représenter. Si vous n’avez pas eu d’instruction religieuse, ce qui est mon cas, vous me pardonnerez ces spoilers. Une fois que le spectateur réalise quel est le fond de l’histoire, les indices vous heurtent avec toute la subtilité d’une claque en pleine figure (mais que ceci ne vous dissuade pas d’aller voir ce film). En effet Mother! n’est pas un film d’horreur mais en réalité une allégorie religieuse et “le plaisir que procure “Mother!” tient en grande partie à l’élaboration et à l’exécution d’une idée centrale” (A.0. Scott).

Un jour, un chirurgien orthopédique du coin, joué par Ed Harris, sonne à leur porte en prétextant qu’il cherche une chambre à coucher. Bardem (sans demander son avis à sa femme, bien sûr) offre un lit à cet homme étrange. Dans la nuit, Mme Lawrence est perturbée lorsqu’elle surprend le chirurgien en train de vomir du sang dans la cuvette des WC en se tenant les côtes. Ding Ding! Essayez de deviner qui ce personnage peut bien représenter ! Le jour d’après son épouse, interprétée par l’impressionnante Michelle Pfeiffer, se présente également à la porte. Impossible de de décider si le mépris flagrant de ce personnage pour le “paradis” de Mme Lawrence est supposé être comique, ou si on est censé avoir de la peine pour cette dernière. Tout ce que je sais, c’est que j’ai ressenti un certain malaise. Bientôt les deux fils des visiteurs arrivent et il s’ensuit une énorme catastrophe. Au premier abord on nous donne l’impression que c’est un “heureux incident” du fait que le mari trouve enfin l’inspiration pour écrire et que Mme Lawrence accomplit son désir de tomber enceinte. Nous pensons que le calvaire est enfin fini, que nous pouvons enfin respirer, rentrer chez nous et reprendre le cours de notre vie. Mais non, la folie ne fait que commencer. J’ai été témoin de scènes apocalyptiques qui défient toute explication. Des inconnus inquiétants toujours plus nombreux envahissent la maison, la pillent et la détruisent.

Je ne vous dirais pas comment l’histoire se termine mais ce que je peux vous dire c’est que j’ai ressenti un mélange de sentiments très déroutants lorsque je suis sortie de la salle: du dégout, de la confusion mais aussi de l’admiration. Quoi que soient vos opinions sur le film, il est certain que Darren Aronofsky est un cinéaste très talentueux.

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