«All These Sleepless Nights» est un film réalisé par un tout-nouveau talent Polonais s’appelant Michal Marczak, qui fait parti des réalisateurs intéressants à suivre actuellement. À Sundance, son dernier film était classifié comme un documentaire (nommé pour «Meilleur Film» et «Meilleur Réalisateur»). Manoeuvrant entre un point de vue documentaire et éléments narratifs de fiction, la vision créative de Marczak vient d’un genre hybride extraordinaire. Il nous offre une histoire palpitante sur trois jeunes gangsters vivant leurs jours de gloire. Les personnages sont nommés d’après ceux qui les jouent et sont des acteurs-amateurs (Krzysztof, Michal and Eva).

Alors! Qu’est ce que ces personnages font exactement? Ils font la fête, sortent avec des filles, boivent, fument et dans ce chaos complet – ils tombent amoureux. Cela me rappelle d’une citation: «(…) et célébrer toujours les amis, le vin, le jour et les fleuves qui dansent.» Je ne peux pas parler en vrai des fleuves, mais Krzysztof, Michal et Eva, le reste du temps, ils célèbrent. Beaucoup. Une vraie décadence. On peut dire qu’ils lévitent par dessus les horizons de l’euphorie. Tout cela est vue à travers le point de vue de Krzysztof. Sa voix-off n’est pas en soi une «narration classique» communément parlant. À l’écouter, cela s’entend comme s’il ajoutait des notes inscrites sur son journal intime – des pensées très directes, néanmoins très bien écrites.

De temps en temps, Krzysztof mentionne des nombres/statistiques qu’il élabore sur un temps donné, sur une vie donnée. Cela inclue aussi des conversations sur des relations brisées ou tout un temps sur le fait de choisir un vêtement. Apparemment, toute cette recherche effrénée sur les chiffres témoigne une passion, du fait de vivre sa jeunesse entière et ne pas perdre une minute de ce temps «merveilleux». Dans les rues de Warsaw et dans les fêtes privées, nous ressentons au plus profond ce que ressent le personnage. Partout où il va, nous le suivons dans ses propres tourments. Cependant, Krzysztof ne semble pas être frustré par cette temporalité. Il continue d’agir de la sorte tout le long du film.

Dans une interview pour «Karlovy Vary International film festival», Marczak dit qu’il utilisait les nuits blanches de son film comme une manifestation de la jeunesse et un récit sur le simple fait de devenir un adulte. Le réalisateur a essayé de produire une structure du film basée sur le scénario de ses propres souvenirs explorant sa vingtaine. Ces souvenirs ne sont pas nécessairement alignés chronologiquement. Tout ce qu’il laisse sont des pulsions, des conversations, des pensées, idées et des aventures. Ce qu’il faut retenir, c’est que «la structure du film joue sur le temps » explique Marczak avec un grand sourire.

Le spectateur peut s’immerger dans ce film et y être identifié car : Qui n’a pas été jeune dans sa vie ? Quelques théories psychologiques et scientifiques (la théorie des chocs de la réminiscence par exemple) expliquent que, même en étant vieux, une personne réfère généralement à sa vingtaine (déjà passée). Imaginez toute cette expérience folle laissée, et pourtant cela n’ajoute rien comparé au fait d’être au sommet d’une jeunesse.

Le film est soigné par sa logique même s’il manque des réponses sur cette question. Comment Krzysztof peut s’approprier un appartement avec vue sur l’horizon de Warsaw ? Et que peut-on dire des drogues ? Elles restent très chères mais le film ne mentionne pas d’où tout cet argent provient. Ce n’est jamais dit et on n’a pas besoin de le savoir. Le film ne touche jamais le passé ou bien la famille des personnages. Personne n’ajoute leurs plans sur leurs futurs. Toutes ces questions sont là. C’est tout. L’idée initiale de Marczak était de faire un film sur la jeunesse. Et voilà ! Il a simplement capturé la pure essence d’être jeune et agité durant ces années folles.

Finalement, dans «All These Sleepless Nights», il y a une grande signification sur la danse. Nous voyons Krzysztof danser dans ces clubs de musique électrique et techno. Il bouge beaucoup, sautant après des voitures dans un parking malgré la pluie ou contre la foule bouchonnée dans le traffic. Dans une scène plutôt émouvante, Krzysztof est à quelques mètres du sol – près des étoiles. Cependant, il est important de noter que le trio principal est une bande de jeunes perdus dans la drogue et ses problèmes. Ces gamins traitent simplement leurs journées purement comme une chose éphémère. Si on peut aller encore plus loin, leurs vies peuvent être comparées à une cigarette (ils fument beaucoup dans ce film). – «C’est un moment intense suivi par un autre et ainsi de suite.. Dix-mille cigarettes. Plusieurs respirations. Et de dix-mille cigarettes, trois cent jours partis en fumée… Plus de mille moments non filtrés».  Le compte à rebours de Krzysztof.

Pour résumer, «All These Sleepless Nights» montre un kaléidoscope riche et magique de cette insomnie assommante. Donc, qu’est-ce qui va remonter à la surface votre nostalgie? Probablement votre vingtaine (passée ou pas passée), quand les émotions se balancent extrêmement de l’un à l’autre. Prioriser veut dire choisir du bon vin rouge au lieu d’un repas décent. Moins de choses prévues et des étourdissements de plus en plus flous. Quand la nuit tard tourne autour des discussions matinales. Tout cela constitue la création d’un souvenir.

 

Rédigé par un auteur invité Līga Požarska pour ÉCU.

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