On ne pourrait pas parler du cinéma sans évoquer le nom d’Henri Langlois, et pourtant il n’y a pas beaucoup de gens qui le connaissent. C’est vraiment un réalisateur important et c’est pour cette raison (peut  être) qu’on peut voir À Bout de souffle sur Netflix aujourd’hui.

L’histoire d’Henri Langlois (1914-1977) a débuté quand il a commencé à collectionner des films muets qui allaient être détruits par des compagnies cinématographiques pour raisons économiques pendant les années 30. Langlois avait déjà commencé à préserver les films pendant l’occupation nazie, donc sa collection a augmenté rapidement. Ce ne sont pas que des films français qui ont été sauvé, mais aussi des films américains et soviétiques. Sois disant il faisait même des échanges avec les officiers SS afin d’obtenir des films qu’il ne pouvait pas obtenir lui même!

Il pensait que les films étaient fait pour être vus et non seulement conservés dans des archives, donc il décida de fonder The Circle of Cinema en 1935. C’était un petit club localisé dans l’appartement de sa mère où il projetait des films pour les amateurs de cinéma (dont Jean-Paul Sartre et André Gide) et où on dégustait la cuisine de sa mère.

Comme il constata que de plus en plus de personnes voulaient voir des films, il décida de fonder une Cinémathèque qui non seulement allait projeter des films, mais aussi les préserver et les archiver. Ensemble avec Georges Franju, Jean Mitry et Paul-Auguste Harle, ils reçurent des films directement des studios; et à partir de 1944 Langlois avait déjà une collection de plus de 50,000 films. Avec l’aide de financement public Langlois trouva un lieu plus adéquat pour archiver sa collection sur l’avenue Messime,  la rue d’Ulm et puis enfin en 1963 au Palais de Chaillot.

Pendant sa carrière Langlois a fortement soutenu Jean-Luc Godard pour son innovation et ses critiques professionnelles sur la forme cinématographique. Godard, ainsi que Chabrol, Truffaut, Rivette et Rohmer, étaient les premiers étudiants de Langlois, rejoignant la Cinémathèque dans ses premières années et appliquant ce qu’ils avaient vu et appris lors de leur  travail sur les Cahiers du Cinéma. Fondamentalement, on peut dire que la Nouvelle Vague est née à la Cinémathèque.

Bien que Langlois ait été aimé par la communauté du cinéma, il a eu des relations compliquées avec l’État, en particulier avec André Malraux, ministre de la Culture de Charles de Gaulle. Malraux soutenait le cinéma et les nouveaux cinéastes, mais il n’aimait pas la façon dont Langlois faisait les choses. Il pensait que c’était de sa faute que la Cinémathèque avait des problèmes financiers. En effet, Langlois pensait qu’il était normal que certains habitués ne devaient pas payer pour regarder des films.

En février 1986, Malraux a décidé que Langlois n’était pas fait pour ce travail, donc il a été renvoyé. Il a été remplacé par un homme nommé Pierre Barbin. C’était Barbin, un organisateur de festival de films relativement inexpérimenté contre Langlois – un héros de la culture.

Au cours des vingt-quatre heures suivantes, quarante cinéastes, dont –  François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jean Renoir et Robert Bresson, avaient retiré la permission pour que leurs films soient présentés à la «Barbinothèque» nommé avec mépris. Ils ont été rapidement rejoints par des artistes de renommée mondiale comme Charlie Chaplin, Roberto Rossellini, Fritz Lang, Orson Welles et Jerry Lewis. Seulement quelques jours après, il y avait une grande foule à l’extérieur du Palais de Chaillot. Le 23 février, Cahiers du Cinéma, avait recueilli des signatures de plus de sept cents personnes qui étaient contre le licenciement de Langlois. Certains manifestants étaient des personnes qui n’étaient pas associées à la Nouvelle Vague ni  aux Cahiers du Cinéma, comme Michelangelo Antonioni, Ingmar Bergman, Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Akira Kurosawa, Andy Warhol, Jean-Paul Belmondo, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Marlene Dietrich, Jane Fonda, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre et beaucoup d’autres.

L’affaire Langlois n’avait pas de rapport avec la grève générale, mais pour beaucoup de gens en France, elle a toujours semblé comme la répétition pour la révolution de mai 1968.

Malraux a finalement renoncé à renvoyer Langlois, mais il a également considérablement réduit le financement de la Cinémathèque. Donc, pour gagner de l’argent Langlois voyageait dans le monde entier pour donner des conférences cinématographiques.

Pendant des années, Langlois avait rêvé d’installer un musée du cinéma qui finalement a ouvert ses portes le 14 juin 1972 avec un énorme succès. En 1974, il a reçu un prix aux Oscars pour son service au cinéma.

Henri Langlois a été l’un des pères fondateurs qui ont façonné le monde du cinéma que nous connaissons aujourd’hui. Si ce n’était pas pour sa passion, ses idées et surtout, ses aspirations, de nombreux films géniaux auraient été perdus dans l’histoire. Bien qu’il ne soit pas un nom familier, le produit de son travail a été vu à la télévision maintes fois et a touché chaque enthousiaste de cinéma depuis.

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