Ce qui fait Lone Scherfig si spéciale est sa manière de réaliser des films romantiques, drôles, et qui font de vous des spectateurs plongés dans la compassion des autres. Elle montre une certaine vulnérabilité au sein de ses personnages et nous pousse à les observer et à ressentir la même chose. Elle a été inspirée majoritairement par son héritage Nordique et croit qu’aider l’un apprend le fait de vivre avec contentement.

Personnellement, mon film préféré réalisé par elle reste celui qui a bousculé le cinéma Danois : “ITALIAN FOR BEGINNERS” (2000). Ce long-métrage a été fabriqué par les fameux principes austères du Dogme 95, un mouvement important dans le cinéma, qui inclut l’utilisation de caméras portées et la lumière naturelle. Le slogan du film est “l’amour pour les perdants” et Scherfig nous apprend qu’être un “loser” n’est pas en soi dramatiquement différent des gens et de la vie de tous les jours. Scherfig nous invite à voir les défauts des personnages en partageant leurs histoires et leurs vulnérabilités. Ce qui laisse une part d’identification par rapport aux spectateurs.

Scherfig nous apprend que l’amour est à notre portée. Et pourtant, elle évite le cliché. La route du bonheur est le fait d’y arriver petit à petit et il n’y a pas de fin magique, si l’on enlève le procédé classique d’Hollywood. Scherfig nous offre la possibilité de prendre soin de ses personnages en les voyant. Cependant, la réalisatrice ne leur offre pas une solution facile. Même le succès Hollywoodien “AN EDUCATION” (2009) démontre un portrait féministe dévoilé par le personnage principal Jenny (Carey Mulligan), qui a été choisie entre son indépendance et sa route vers une éducation ou une vie aventureuse constitué de glamour avec un homme riche, David. Elle, bien sûr, choisie un passé douloureux, qui prouve, encore, le chemin magnifique parcouru par Scherfig sur une histoire romantique encore plus réaliste.

Scherfig choisit le thème du passé difficile pour, pas seulement ses personnages, mais aussi pour elle-même. Son film a été inspiré par ses propres obstacles. Dans les films du Dogme, vous êtes autorisé à ajouter le “passé” comme élément de récit, cependant vous devez l’ôter du film durant le montage. Scherfig est capable de faire de ses obstacles comme ses esclaves et les laisse apporter bénéfiquement à l’histoire. Dans “AN EDUCATION”, l’équipe du film n’avait pas un budget assez énorme pour créer un immense décor de Londres de 1964. Durant le tournage, la solution entreprise par Scherfig était de demander à David de rouler sa voiture très lentement dans une rue de Londres avec Jenny. Elle ne veut pas rentrer chez elle, et pourtant c’est le moyen de David afin de rendre la route plus longue.

Parmi tous ses films, il n’y a jamais eu une comédie. Néanmoins, elle utilise l’humour pour montrer les bonnes choses de la vie. Pour elle, “l’humour est un fruit à porté de main – c’est facile de le prendre mais quelques fois, vous ne devriez pas le choisir car cela est mieux pour l’histoire”. Le film doit avancer même si vous devez enlever cet humour; cela ajoute un aspect lumineux à l’histoire, afin de permettre un rythme que le spectateur peut comprendre en le regardant”. Quand Scherfig a réalisé “AN EDUCATION”, elle a commencé à croire à son propre sens de l’humour. Parce qu’elle a eu l’opportunité d’être réalisatrice, elle a cru en elle et que son humour pourrait atteindre l’esprit du public.

Scherfig utilise les fins heureuses afin de les confronter à des issues difficiles, tel un loser cherchant son autre moitié. Elle crée un environnement où les gens osent rigoler dans des situations très difficiles. C’est ce qui fait de Scherfig, un artiste à part – construisant une fin heureuse différente qui est logique pour tout le reste du film. Des personnages authentiques où vous avez envie de prendre soin d’eux automatiquement.

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