Le vainqueur du Sundance 2015 est un de ces films capables de lancer une nouvelle tendance dans le cinéma indépendant. Avec son aura de petit film culte, nul doute qu’il est et restera une formidable source d’inspiration pour des travaux similaires.

me-earl-dying-girl-new-trailer-watch-picsTHIS IS NOT A LOVE STORY est lui-même le fruit d’une tendance. Recyclage de la vieille (mais formidable) formule soutenue par Tarantino (« Les grands artistes volent, ils ne rendent pas des hommages »), Alfonso Gomez-Rejon tisse son premier film à coup de références cinéphiles explicites, véritable acte d’amour envers le septième art. Dans le sillon du Monde de Charlie, et de Juno, bien sûr, le réalisateur dépeint trois personnages (basés sur le livre éponyme de Jesse Andrews) dont le goût du passé (sous forme de vinyles vintage dans le film de Stephen Chbosky, ici symbolisé par les grands classiques du cinéma européen) suffit à les catégorisés “Hipster” dans le monde d’aujourd’hui.

me-earl-dying-girl-music-556x314Dernier venu au rang des films plus délicieusement romantique que réaliste, THIS IS NOT A LOVE STORY démontre toute la force du cinéma et du simple fait de raconter des histoires, art capable de nous émouvoir au plus profond de nos êtres et de changer, pour le meilleur, nos vies. Alors oui, on pourrait lui reprocher son côté prévisible et ça tendance mielleuse vers la fin, mais il reste que le film a sans aucun doute l’un des scènes finales les plus émouvantes de ce genre, dont les origines pourraient être tirées jusqu’au Breakfast Club de l’immortel John Hughes (symbole des problèmes rencontrés par les adolescents et de la fâcheuse tendance du lycée à catégoriser les élèves).

Même s’il emprunte à beaucoup (Wes Anderson, par exemple) et qu’il joue sans vergogne avec les sentiments du public, THIS IS NOT A LOVE STORY a le mérite de ne ressembler à rien d’autre, prouvant qu’il est une production originale et personnelle. Gomez-Rejon réussit à raconter d’une façon moderne et ironique une histoire de la formation ; sa capacité à définir chaque élément avec précision est incroyable: la rapidité avec laquelle la micro société lycéenne est cernée et expliqué est franchement étonnante, d’autant plus qu’on ne la voit que très peu. Et si beaucoup de films indies tombent dans le piège des personnages secondaires archétypiques (comme la meilleure amie franchement idiote de Juno ou le franchement idiot frère de Napoleon Dynamite), THIS IS NOT A LOVE STORY  a misé sur Nick Offerman pour jouer un énorme hippie. Et cela suffit.

MeandEarlandtheDyingGirl1_article_story_largeLa première oeuvre de Gomez-Rejon ne pouvait pas être plus à la mode en cette ère de la hipsteritude (comme en témoignent les stop-motions à gogo). Mais sa capacité à prendre les styles et thèmes récurrents et de leur insuffler une nouvelle vie fait de ce film est un vrai petit bijou. Nous n’irons pas jusqu’à crier au chef-d’œuvre, mais le fait est que THIS IS NOT A LOVE STORY est un film franchement drôle et que ses trois acteurs principaux méritent à tout égard notre attention.

RJ Cyler (Earl), ou notre nouveau petit chéri du cinéma!

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