12583818_1185924258102694_900152031_nAu Festival du Film de Cannes en 2015, Hou Hsiao-hsien, remporte son premier Prix de la mise en scène pour The Assassin. Après avoir été nommé six fois à Cannes, ce prix arrive tardivement pour lui. A 68 ans, Hou Hsiao-hsien est un des réalisateurs Asiatiques les plus importants depuis longtemps. Hou Hsiao-hsien commença sa carrière cinématographique en 1973. Commençant comme clapman, il accumule les expériences, et deviant finalement la figure de proue, aux côtés d’Edward Yang, de la nouvelle vague taïwanaise dans les années 1980.

Ses premiers films naissent de l’écriture individuelle, provenant d’experiences personnelles. Un Temps pour Vivre, Un Temps pour Mourir(1985) décrit  l’enfance et l’adolescence de Hou Hsiao-hsien, Un Été chez Grand-père(1986) raconte l’expérience de sa scénariste Chu Tien-wen, et Poussières dans le Vent(1986), l’histoire d’amour de Wu Nien-jen, ami de Hou Hsiao-hsien et scénariste très connu. Il peut délaisser la trame dramatique, pour se concentrer sur l’émotionnel. L’expérience individuelle reflète la realist de la société taïwanaise. Ses plan-séquences sont comme des yeux objectifs et calmes. Ils sont pensés depuis le livre l’autobiographie de Congwen, offert par sa scénariste Chu Tien-wen. Hou Hsiao-hsien y a reconnu « le point de vue objectif et sans exagération”: une façon d’observer le monde et la vie, et de le filmer. Ainsi, il déploie, dans La Cité des Douleurs(1989) une puissance calme pour observer la misère des personnages dans la mutation des temps.

12498782_1185924261436027_2133940060_nL’écriture personnelle, l’affaiblissement dramatique et l’utilisation de plan-séquences constituent son style esthétique. Ces trois caractéristiques sont des étiquettes de ses premiers films, mais se retrouvent également dans ses créations ultérieures. Les Fleurs de Shanghaï(1998) est adapté d’un roman de la dynastie Qing. L’histoire ne se déroule plus dans les années 1960 de Taïwan, mais dans 19e siècle de Shanghaï. C’est une nouvelle tentative. Contrairement à d’autres drames en costume, Les Fleurs de Shanghaï conserve la caractéristique de plan-séquence: 130 minutes du film et seulement 38 plans, dont un seul plan subjectif. Par son style esthétique , il a construit une nouvelle manière de mettre en scène le film de costume.

12540216_1185924191436034_142637753_nDe même, The Assassin est sa première tentative de film d’arts martiaux. Il poursuit les caractéristiques habituels de Hou Hsiao-hsien. Le film se centre sur une femme assassin, Nie Yinniang, chargé d’assassiner le souverain, qui fut son premier amour. Dans le film de Hou Hsiao-hsien, la théâtralité de l’intrigue est affaiblie. Les sentiments intérieurs des personnages sont plus importants, et particulièrement la solitude de Nie Yinniang, “toute seule, aucune semblable ». Hou Hsiao-Hsien, très « têtu », a supprimé toutes les scènes qu’il considérait imparfaites, quitte à affaiblir son récit pour atteindre le summum, même en laissant le public dans une sensation de flou après la vision. Mais Hou Hsiao-hsien ne s’en soucie pas. Il dit: “Je ne dis pas d’aller communiquer avec le public, je ne garde pas cette idée. Mon idée est qu’ils aient leur proper vision, la ligne de fond est ma vision.” Peut-être que les spectateurs qui ont suivi la carrière du film de Hou Hsiao-hsien pourraient la comprendre. Dans la poursuite esthétique de Hou Hsiao-hsien, la narration n’est pas vraiment le plus important, n’est-ce pas?

La préparation de The Assassin a duré huit ans. Ceci est incroyable dans l’industrialisation du cinéma d’aujourd’hui. Et la poursuite de son style esthétique n’est destine qu’à une minorité de spectateurs. Hou Hsiao-Hsien est tout comme son personnage du film « toute seule, aucune semblable ».

Écrit par Xia Wenlin

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