Qu’est­ce qui mêle à la fois joie, tristesse et étrangeté ? Plus que toute autre choses, la vie. Adam Levine l’a bien compris et aborde dans ses films des sujets complexes qui proposent souvent plusieurs niveaux de lectures.

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Levine a affiné sa vision des multiples facettes de la société en grandissant dans une famille juive de la classe moyenne aisée de New York. Il accède par la suite à l’université de Brown avant de rejoindre l’Institut du Film Américain où il entre enfin sur le devant de la scène. En 2006, son film Everybody Loves Mandy Lane est très bien reçu. Mandy Lane est nouvelle à l’école et est invitée, un week­end, à une fête qui a lieu dans un ranch. La personnalité complexe du personnage donne lieu à une suite d’événements alors que les jeunes fêtards s’écroulent les uns après les autres. Dans Mandy Lane, Levine est encore un novice qui n’a pas tout à fait trouvé son style. S’il avait réussi à gagner les cœurs des investisseurs, il n’avait pas encore acquis les qualités de narrateurs qu’il possède aujourd’hui. Le film n’avait pas grand chose de neuf et reprenait la recette du film pour adolescent où chaque personnage doit ressembler à une version rajeunie de Megane Fox pour les filles et de Ryan Gosling pour les garçons, dans le but de satisfaire visuellement son audience. Pour faire simple, ce film avait déjà été fait et refait auparavant.

The Wackness Still 01

Ce n’est qu’en 2008 avec The Wackness que Levine dévoile ses talents qui étaient jusque­là dissimulés. Il nous présente dans ce film le New York des années 90 qu’il connaît si bien : une ville humide, pleine de cran et de cannabis, éprise de Hip­Hop mais encore dépourvu de Starbucks, où les gens traînent dans des baggy Tommy Hilfiger et portent de grosses boucles d’oreilles en or. Le casting du film est comme une punch line tout droit sortie de cette époque. Josh Peck qui était un petit garçon joufflu que l’on pouvait voir sur Disney Channel se métamorphose pour incarner Lucas – l’archétype du jeune dealer pessimiste qui déteste les cours. L’équipe gagne en profondeur avec la présence d’autres visages connus comme celui de Ben Kingsley, de Mary­Kate Olsen ou encore du rappeur emblématique Method Man, qui joue non seulement le psy de Lucas mais aussi son amis, son mentor et son fournisseur de verdure ­un véritable homme à tout faire. The Wackness n’a rien à envier aux meilleurs films du genre puisqu’il tir pleinement parti de ses personnages tout en ajoutant des passages de solitude, de futilité et de cœur brisé ce qui, même pour un publique aguerri, peut vous rester sur l’estomac. Levine a perfectionné un style qui lui est propre dans The Wackness en nous présentant une histoire cru et prenante sur fond d’une époque qui fascine encore de nos jours.

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Le succès de Levine lui a ouvert de nouvelles opportunités et lui a permis de réaliser des films plus commerciales. En 2011, les inséparables Seth Rogen et Joseph Gordon Levitt rejoignent son équipe pour 50/50. Dans 50/50, Joseph Gordon Levitt et son visage enfantin incarne Adam, le personnage principale qui se voit diagnostiquer un cancer de la moelle épinière et 50% de chance d’en réchapper vivant. Nous suivons tout le le long du film le chemin épineux qu’il doit traverser, épaulé par son ami Kyle (Seth Rogen), suite à la découverte de sa terrible maladie, dont il apprend l’existence peu après sa rupture amoureuse. Si Lévine manie dans ce film un sujet bien complexe, que l’histoire possède toujours plusieurs niveaux de lecture et que Joseph Gordon Levitt joue son rôle à merveille et nous propose une large palette d’émotions, l’intrigue reste tout de même familière. Nous avons déjà entendu ces histoires d’hommes abattus par leur lutte contre le cancer ; mais vous pouvez toujours aller voir ce film pour les railleries que lance l’affable remplisseur de salle Seth Rogen au pauvre Gordon­Levitt sans défense.

Quelques films commerciaux plus tard et suite à son passage dans une émission de télé, Lévine a trouvé sa place à Hollywood. Il reste maintenant à savoir si son élan commerciale l’emportera sur son originalité. Portons un toast aux films à venir.

Écrit par Dara Kim

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