Personne mieux que Martin Scorsese peut personnifier la réalisation du rêve américain. Né dans le Queens, il est grandi dans une famille pauvre en regardant les films néoréalistes avec ses grands-parents (originaires du sud de l’Italie) et en allant au cinéma avec son père (le réalisateur affirme souvent que 06top10oscarnominationsnubsc’étaient ses moments préférés et les seuls de vraie communication entre les deux). Quand il était adolescent il était partagé entre sa passion pour le cinéma et l’aspiration à devenir prêtre. Évidemment, et heureusement pour nous tous, il a choisi de poursuivre la première, en s’inscrivant à l’université de cinéma de New York. Ici il a réalisé ses premier courts métrages (comme What’s a Nice Girl Like You Doing in a Place Like This, It’s Not Just You, Murray! et The Big Shave) et a fait la connaissance de beaucoup de gens étonnés par son talent. Comme ça il a pu tourner Mean Streets (1973), même si il avait encore un très petit budget, et, grâce au succès de ce dernier, Taxi Driver, sa consécration définitive (Palme d’Or à Cannes en 1976).

Il est important de connaître la vie de Scorsese du moment que son univers cinématographique représente souvent le monde où il a grandi. Le réalisateur a en fait fréquemment révélé qu’il prend l’inspiration pourthe-wolf-of-wall-street-official-extended-trailer-0 les personnages ou les situations à partir de ses connaissances et ses expériences directes. Il raconte des histoires sur les italo-américains parce que sa famille et ses amis viennent de ce milieu; il utilise une musique très puissante et envahissante parce que quand il était petit il écoutait les chansons provenant de toutes les fenêtres du voisinage; il mets en scène l’univers de la mafia parce qu’il a connu des gangsters et il sait comment ils vivent et comment ils se comportent. C’est pour ça que ses films, notamment ceux sur la mafia, résultent si réalistes et dérangeants (non seulement à cause de la violence mais aussi pour le choix de représenter des personnages bizarres et pas aimables comme le Travis Bickle de Robert de Niro dans Taxi Driver) et ils se différencient des autres comme la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola. << Le Parrain est le mythe, Les Affranchis est la réalité>>.

Sharon-Stone-dans-Casino-de-Martin-ScorseseLe film qui peut vraiment résumer presque l’entière carrière de Scorsese est Casino (1995) : un film de trois heures sur la mafia qui conquête Las Vegas dans les années ’70 avec ses acteurs fétiches Robert De Niro, Joe Pesci et une brillante Sharon Stone. Sa structure narrative presque circulaire avec des flashback et des flash forward est exemplaire de la façon très formelle de tourner du réalisateur américain. Ralenti, montage accéléré, plan-séquences et impressionnantes mouvements de caméra sont les caractéristiques de cet extraordinaire maître visuel qui souvent se réserve des petites rôles à la Hitchcock et fait même participer son père et sa mère (elle est toujours la maman de presque tous les personnages) au tournage. Son style est vraiment l’un des plus reconnaissables du cinéma actuel et sa cinéphilie l’a souvent conduit à se battre pour la conservation et la restauration des films (il a créé avec d’autres réalisateurs The Film Foundation en 1990)

En outre le talent et la créativité de Scorsese ne semblent pas diminuer avec les années : son dernier film, Le Loup de Wall Street (2013), a été un succès soit de public soit de critique et il s’est même récemment plongé dans l’univers de la télévision avec Boardwalk Empire et Vinyl (qui va démarrer en février 2016 sur HBO). C’est pour cette raison que l’on ne cesse pas d’attendre avec curiosité et enthousiasme toutes nouvelles sur ses prochains projets.

Écrit par Camilla Gazzola

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