shia disneyIl y a quelque chose à propos des stars Disney ayant mal tourné, quelque chose qui nourrit un flot incessant de presse people, de ragots, de voyeurisme addictif. Ces jeunes qui, devant nos yeux, perdent leurs joues joufflues d’enfant, affichant du haut de leur nouvelle maturité des traits ciselés et une présence scénique digne de leurs ainés, faite pour les filles de confiance sensuelle et pour les garçons de virilité. La transition, passerelle vers la cour hollywoodienne des grands, se fait rarement en douceur. Quand est-il de Shia Labeouf? Eh bien, disons simplement que j’aimerais lui faire un gros câlin.

Comme beaucoup d’enfants stars Disney, Labeouf a fait ses débuts dans une série comique, interprétant le personnage de Louis Even Stevens. Nerdy mais drôle, le personnage collait parfaitement à sa soigneuse Jew-fro (terme américain qui fait référence aux bouclettes imposantes arborées par certaines personnages ayant des origines juives). Il incarnait à la perfection le petit frère dorky de votre meilleur ami, tâches de sauce bolonaise sur son t-shirt T-Rex, excité au possible à l’idée de vous montrer sa collection de roches et et de vous en jetez plein les yeux en vous exposant ses connaissances étendues sur le système solaire. Adorkable quoi !

shia transAdorkable, il le resta dans la peau de Sam Witwicky, protagoniste de la franchise Transformers aux côtés de Megan Fox. Un peu plus vieux, un peu plus grand, Jew-fro un peu plus propre, Labeouf conquis les foules comme le gosse ringard qui sauve le monde et fait craquer la bombe sexuelle qui l’accompagne – un récit qui ne serait lasser. Autant dire que les rumeurs ont eu bon train sur une potentielle romance entre les co-stars en dehors des plateaux, faisant de lui un objet de désir pour toute l’industrie. Ringard n’était en fait qu’une simple et douce distillation de sa virilité. Sa célébrité l’a rapidement dépassé. Et nous par la même occasion.

Cette ascension c’est fair doucement mais surement, Hollywood préférant longtemps les messieurs muscles addicts aux boissons énergisantes. Mais Labeouf n’est qu’un homme, et assez rapidement confiance-en-soi a remplacé chez l’ex-enfant star conscience-de-soi. Et ironiquement c’est sa réaction aux critiques, ses excuses pour son manque de conscience-de-soi, qui lui ont valu le plus de problèmes.

shia_labeoufLe scandale de plagiat qui a terni ses débuts de réalisateur dans HowardCantour.com a donné cours à toutes sortes de commentaires mécontents. En réponse, Labeouf tweeta des excuses à mi-mots, loua un avion pour afficher sur un bannière dans le ciel des excuses plutôt sarcastiques, et organisa une performance d’art subversive à Los Angeles, peformance dans laquelle il enfilait un sac en papier sur la tête affichant le moto « Je ne suis plus célèbre” en lettres majuscules. Les participants, en soulevant le sac, découvrir Labeouf, yeux rouges et gonflés, pleurant. Pas de dialogue. Rien. Juste lui dans sa désolation.

Néanmoins il convient de rendre à César ce qui est dû à César. Labeouf, dont la célébrité lui a vraisemblablement coûté, n’a pas pour autant démérité. Après cette éraflure faite à son image, le jeune acteur a fait le choix de rôles sérieux, comme dans le film Il était une fois dans le Queens. Labeouf y interprète Dito face à Channing Tatum, un jeune adulte perdu qui fugue finalement dans les rues de New York pour se retrouver loin de ses amis drogués.

Labeouf n’est plus le mignon ringard qu’il était, comme le prouve encre son rôle de Jacob dans New York, I love you. Jeune groom venant en aide à un chanteur d’opéra à la retraite, Jacob est sensible et poignant. Un rôle à des kilomètres de sa réputation de golden boy passif-agressif et nonchalant.

Eh oui, la renommée de Labeouf repose aussi sur ses propres mérites. Alors peut-être faudrait-il mieux le qualifié de passionné plutôt que de fou. Désireux au lieu d’agressif. Confiant et non arriviste. Peu importe, mes bras lui sont toujours ouverts pour un câlin.

Écrit par Dara Kim

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