Vous commencerez par vous en rire. Vous finirez terrifié.

Cette année, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho, lauréat de la Palme d’Or, joue avec les frontières du genre, sans relâcher l’intrigue ni la tension. Lorsque la représentation de la différence de classe atteint son point culminant, cette comédie noire se transforme rapidement en un jeu de survie macabre et sadique. Le dénouement du film sera majestueux.

L’histoire parle de deux familles – l’une pauvre et l’autre extrêmement riche. Les deux sont composées de la même façon : une fille, un fils et deux parents.

La famille pauvre de Kim Ki-taek, qui est complètement sans emploi, gâche misérablement son dernier boulot : le pliage de boîtes à pizza (principalement à cause de leurs “compétences lacunaires dans la technique de l’origami”). La chance tourne autour de lui lorsque Ki-woo, fils de la famille de Ki-taek, obtient une offre d’emploi comme tuteur en anglais pour Da-hye – fille de la riche famille Park.

Ainsi, Ki-woo commence à travailler et devient un invité fréquent de la fastueuse maison des Park. Bientôt, Ki-woo saisit l’occasion de faire employer les uns après les autres tous les membres de sa famille. Ils travaillent alors tous les quatre sous le même toit et s’occupent de tous les caprices de Mme Park, tout en se faisant passer, auprès de la riche famille, pour des étrangers et de simples collègues de travail.

Le réalisateur Bong Joon-Ho ne prend pas parti et évite les clichés sempiternels de la classe laborieuse en décrivant la famille pauvre comme une famille noble et pure, tandis que la famille riche est avide et gâtée. Non! Les deux côtés sont aussi sympathiques et également désagréables en même temps. Qui est donc le vrai parasite? La famille riche ou la pauvre? Rappelons-nous que les parasites (insectes, champignons, etc.) n’habitent pas n’importe où. Ils «pondent leurs œufs» dans un environnement hospitalier. Dans le film, la famille des faussairesse nourrit de la naïveté de leurs homologues plus riches, concluant que « seuls les riches peuvent se permettre d’être gentils ». Ils profitent de leur confiance pour se construire une vie meilleure. Alors que les Park ressemblent à beaucoup de familles riches. D’une manière générale, dans une société capitaliste, on peut supposer que les riches s’enrichissent toujours grâce aux pauvres, qui restent pauvres. Pourtant, petit à petit, Bong Joon-ho dilue dans le comportement de la famille de Ki-taek un enivrement de l’odeur de l’argent.

La crédibilité de ces opportunistes de circonstance est mise en péril dès lors que le petit garçon riche commence à se rendre compte que les vêtements de chacun des nouveaux domestiques ont la même odeur. Cette odeur particulière provient de l’environnement humide, en entresol, dans lequel ils vivent, et des vêtements médiocres qu’ils portent. Petit à petit, chaque membre de la famille Park commence à remarquer cette odeur, à sa façon, et à montrer son dégoût et sa pitié pour eux.

Bong Joon-Ho navigue magistralement de la comédie au thriller, et du thriller à l’horreur, portant une attention cinématographique toute particulière aux détails. La critique sociale dépeinte par le film est dure. Dans Parasite, vous pouvez regarder droit dans les yeux de Gini Gap, vous y verrez que le système de castes y est toujours très vivant, et que la classe ouvrière laborieuse n’est pas encore une chose du passé.

Les films de Bong Joon-Ho véhiculent des messages futuristes, politiques, sociaux et environnementaux. Le réalisateur est rapidement devenu l’un des chouchous du festival de Cannes, et ses précédents films (Okja (2017), Snowpiercer (2013), Mother (2009), Tokyo (2008), The Host (2006), et bien sûr, le culte Memories of Murder (2003) ont dès leur sortie, été très appréciés par la critique et les cinéphiles.

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