Álex de la Iglesia, récemment protagoniste d’un hommage au festival de Gérardmer en janvier, est un réalisateur espagnol né le 4 décembre 1965 à Bilbao. Il est l’un des cinéastes espagnols le plus connu hors l’Espagne. Il commence avec des études de philosophie qui ne lui plaisent pas, il les arrête et se dirige vers le cinéma. Doué pour la BD depuis tout jeune, il commence sa carrière dans le cinéma en devenant décorateur. Il devient ensuite directeur artistique, puis réalise en 1991 son premier court métrage Mirindas Asesinas, grâce auquel se fera remarquer par le réalisateur espagnol Pedro Almodovar. Le succès de son premier film lui permettra de réaliser son premier long métrage Action mutante en 1992, qui sera un véritable succès aux Goyas. Le film est un mélange d’horreur et de comédie satirique, qui sera la marque du réalisateur dans beaucoup de ses films.  

Il continuera son ascension avec le film satirique Le jour de la bête, qui remportera le prix du meilleur film au festival de Gérardmer en 1995 et qui sera l’un de ses films les plus reconnus de sa carrière et qui va lui permettre de se faire connaître à l’international. Il réalisera à la suite Perdita Durango en 1997 et Mort de rire en 1999, qui connaîtront une distribution en Europe et à l’étranger.

Álex de la Iglesia est un cinéaste à part, qui se sert de l’humour pour faire passer du contenu à travers ses films. Le cinéaste s’est toujours revendiqué comme quelqu’un de sérieux malgré ses films qui semblent être à première vu de simples divertissements, mais qui révèlent peu à peu un contenu qui expose les problèmes de la société dans laquelle nous vivons. Avec des films comme Mes chers voisins réalisé en 2000, il met en place une communauté de voisins qui sont prêt à tout pour une grosse somme d’argent qui se trouve dans leur immeuble. Il réalise ensuite 800 balles, un hommage au western et Crimen Ferpecto, une autre de ses comédies pleine d’humour noir.

Il réalise par la suite La chambre du fils en 2006, qui sera l’un de ses films les plus angoissants, dans le cadre de Pelliculas para no dormir, un ensemble de plusieurs films réalisés par plusieurs cinéastes espagnols dont Jaume Balaguero et Narcisco Ibanez Serrador. Il réalisera ensuite le thriller Crimes à Oxford en 2008 qui sera sa première collaboration avec une production anglaise, puis le dramatique Balada triste, qui mettra en scène l’histoire de deux clowns amoureux de la même femme durant le franquisme.

Il continuera sa critique de la société actuelle avec le film Un jour de chance qui exposera les défaites des hommes et des médias. Entre le fantastique et la réalité, il réalisera en 2013 Les sorcières de Zuggarramurdi. Pour la première fois dans sa carrière, il réalisera en 2014 un documentaire sur le footballeur Lionel Messi, puis se dirigera à nouveau vers la comédie avec Mi gran noche en 2015 et Pris au piège en 2017, deux films à huis clos où les personnages se retrouvent dans des situations inattendues.  

Pour Álex de la Iglesia le cinéma ne doit pas exposer directement les problèmes et être dramatique, car la comédie permet de divertir et de faire passer des messages sérieux en second plan. C’est un réalisateur unique qui avec un goût prononcé pour l’humour noir et l’horreur est arrivé à faire réfléchir le spectateur sur notre société, tout en nous offrant un divertissement cinématographique accessible à un public plus large qui lui a permis de se faire connaître au-delà de l’Espagne, un pays où le cinéma a du mal à sortir de ses frontières.

 

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